Endométriose et alimentation : faut-il suivre un régime anti-inflammatoire ?
Dernière mise à jour : 6 oct.
Lorsqu’on vit avec une endométriose, il est fréquent de chercher du côté de l’alimentation pour essayer de diminuer les douleurs, les ballonnements ou les troubles digestifs.
Sur internet, les conseils sont nombreux : supprimer le gluten, les produits laitiers, le sucre, le soja, adopter un régime « anti-inflammatoire »…
Mais faut-il réellement supprimer autant d’aliments ?

Endométriose et alimentation : existe-t-il un régime spécifique ?
L’endométriose est une maladie dont la prise en charge est médicale et pluridisciplinaire. L’alimentation a toute sa place dans l’accompagnement, notamment lorsque certains symptômes ou certaines difficultés alimentaires sont présents. Elle est complémentaire à la prise en charge médicale de la maladie.
Il faut également rester prudente face aux promesses d’une alimentation capable de « guérir » l’endométriose ou de faire disparaître ses symptômes.
À l’heure actuelle, les données scientifiques ne permettent pas de définir un régime alimentaire spécifique qui conviendrait à toutes les femmes atteintes d’endométriose.
L’enjeu diététique est différent : identifier ce qui peut être pertinent pour cette femme, avec ses symptômes, son alimentation et son quotidien.
Une alimentation de type méditerranéen peut-elle être intéressante ?
Plutôt que de construire son alimentation autour d’une longue liste d’interdits, il peut être intéressant de travailler sur sa qualité globale : parexemple davantage de légumes et de fruits, de légumes secs, des céréales adaptées à ses habitudes et à sa tolérance, des huiles végétales, des noix et des graines, et plus largement une alimentation suffisamment variée.
Une alimentation de type méditerranéen peut constituer un cadre intéressant pour travailler cet équilibre général. Cela ne signifie cependant pas qu’elle constitue un traitement de l’endométriose ni qu’elle permettra nécessairement de diminuer les symptômes.
L’intérêt est surtout de construire une alimentation favorable à la santé globale, adaptée à la personne, sans entrer inutilement dans une logique de régime très restrictif.
Et lorsque l’endométriose s’accompagne de troubles digestifs ?
C’est un point particulièrement important.
Ballonnements, douleurs abdominales ou troubles du transit peuvent conduire progressivement à retirer de nombreux aliments.
Mais symptômes digestifs et endométriose ne signifient pas automatiquement qu’il faut supprimer le gluten, les produits laitiers ou commencer seule une alimentation pauvre en FODMAPs.
Il faut d’abord comprendre les symptômes, leur fréquence, leur contexte et l’alimentation dans son ensemble.
Chez certaines femmes présentant des troubles digestifs, une stratégie alimentaire plus spécifique peut parfois être envisagée. Lorsqu’elle est pertinente, elle doit répondre à un objectif et s’inscrire dans une durée définie, avec une réintroduction progressive des aliments lorsque cela est nécessaire.
Le rôle de l’alimentation est donc très individuel
Deux femmes atteintes d’endométriose peuvent avoir des problématiques complètement différentes.
Pour l’une, le travail portera essentiellement sur l’équilibre général de l’alimentation.
Pour une autre, les symptômes digestifs prendront une place importante.
Pour une troisième, les principales difficultés pourront être une fatigue importante, des repas irréguliers ou une alimentation devenue très restrictive par peur des symptômes.
Les habitudes et les choix alimentaires ont également leur importance. Une femme végétarienne ou végétalienne n’a pas à remettre en question son alimentation en raison de son endométriose. L’accompagnement peut au contraire prendre en compte ces deux dimensions, afin de préserver l’équilibre de l’alimentation tout en travaillant sur les difficultés ou les symptômes rencontrés.
C’est pourquoi je ne propose pas « le régime endométriose ».
Je préfère partir de votre alimentation, de vos symptômes et de votre quotidien pour déterminer ce qui mérite réellement d’être modifié ou adapté — et ce qui n’a aucune raison de l’être.
Vous avez une endométriose et ne savez plus quoi manger ?
Une première consultation permet de faire le point sur votre alimentation, vos symptômes, votre quotidien et les éventuelles restrictions déjà mises en place afin de définir quelques priorités adaptées à votre situation.
Le suivi permet ensuite d’aller plus loin, étape par étape : mettre en place les changements retenus, observer ce qui vous convient réellement, répondre aux difficultés rencontrées au quotidien et ajuster les conseils lorsque cela est nécessaire.
L’objectif n’est pas de multiplier les interdits, mais de construire progressivement une alimentation suffisamment variée, adaptée à vos besoins et compatible avec votre quotidien.


