Sii et Fodmaps: faut-il supprimer certains aliments ?
Lorsqu’on souffre d’un syndrome de l’intestin irritable (SII), l’alimentation peut rapidement devenir un véritable casse-tête.
Un repas passe bien un jour et beaucoup moins bien le suivant. Certains aliments semblent déclencher des symptômes. On commence par en supprimer un, puis parfois un autre… jusqu’à ne plus vraiment savoir ce que l’on peut manger sans risquer d’avoir mal au ventre, de ballonner ou de perturber son transit.
Et lorsqu’on découvre l’alimentation pauvre en FODMAPs, la tentation peut être grande de télécharger une liste et de supprimer immédiatement tous les aliments identifiés comme « riches en FODMAPs ».
Ce n’est pourtant pas l’objectif du protocole.

SII et FODMAPs : de quoi parle-t-on exactement ?
Les FODMAPs sont certains glucides fermentescibles présents naturellement dans de nombreux aliments.
Chez certaines personnes ayant un syndrome de l’intestin irritable, ils peuvent participer à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes digestifs comme les ballonnements, les douleurs abdominales ou les troubles du transit.
Dans le cadre du SII, les FODMAPs peuvent donc faire partie des éléments à explorer lorsque les symptômes digestifs persistent. Une alimentation réduite en FODMAPs peut alors être proposée dans certaines situations.
Mais il ne s’agit pas de supprimer définitivement tous les aliments contenant des FODMAPs.
Le protocole "alimentation pauvre en FODMAPs" comporte plusieurs étapes
C’est probablement le point le plus important à comprendre.
Un protocole pauvre en FODMAPs ne consiste pas simplement à recevoir une liste d’aliments autorisés et interdits.
Une première phase permet de réduire temporairement les FODMAPs dans l’alimentation et d’observer l’évolution des symptômes.
Si cette phase apporte une amélioration suffisante, vient ensuite une étape essentielle : les réintroductions.
Les différentes familles de FODMAPs sont progressivement testées afin de mieux comprendre celles qui déclenchent des symptômes et les quantités que vous pouvez tolérer.
Ces informations permettent ensuite de personnaliser votre alimentation.
L’objectif final est donc presque l’inverse d’un régime d’exclusion permanent : retrouver l’alimentation la plus variée et la moins restrictive possible, tout en tenant compte de votre tolérance digestive.
Pourquoi éviter de commencer un régime pauvre en FODMAPs seule ?
Parce qu’en cas de symptômes digestifs, les restrictions peuvent rapidement s’accumuler.
« Le lactose me ballonne. »
« Le pain me fait mal au ventre. »
« Les légumineuses ne passent plus. »
« J’ai arrêté l’oignon. »
« Certains fruits me donnent mal au ventre, alors je préfère les éviter. »
Petit à petit, les repas peuvent devenir compliqués et l’alimentation de plus en plus restreinte.
Or le but du protocole FODMAPs n’est justement pas de vous laisser durablement avec une longue liste d’aliments interdits.
L’accompagnement diététique permet de mettre en place une réduction adaptée lorsque celle-ci est pertinente, d’observer l’évolution des symptômes puis surtout d’organiser les réintroductions et d’élargir progressivement l’alimentation selon vos propres tolérances.
Ce protocole nécessite un engagement et une rigueur de votre part durant ses différentes étapes.
Tous les SII nécessitent-ils un protocole FODMAPs ?
Avant d’envisager une restriction des FODMAPs, il est utile de regarder l’alimentation dans son ensemble : le rythme et la composition des repas, les quantités consommées, les apports en fibres, les boissons, les aliments déjà supprimés, le transit et bien sûr les symptômes.
Il est également important de comprendre ce qui a déjà été essayé et l’impact que les troubles digestifs ont pris dans votre quotidien et votre relation à l’alimentation.
Dans certaines situations, des ajustements plus simples peuvent être travaillés avant d’envisager un protocole complet.
Et si une approche pauvre en FODMAPs est mise en place mais n’améliore pas suffisamment les symptômes, l’objectif n’est pas de poursuivre les restrictions indéfiniment. Il faut réévaluer la stratégie.
Et tout ceci se travaille en lien avec votre médecin ou gastro-entérologue.
Et si vous êtes végétarienne ou végétalienne ?
Un protocole pauvre en FODMAPs peut demander encore davantage d’attention lorsqu’il vient s’ajouter à une alimentation végétarienne.
Certains aliments fréquemment consommés dans une alimentation végétale, notamment plusieurs légumes secs, peuvent être concernés par les FODMAPs. Les supprimer sans réfléchir aux alternatives peut rapidement réduire la variété de l’alimentation et compliquer les apports nutritionnels.
Cela ne signifie pas qu’une alimentation végétarienne est incompatible avec un protocole FODMAPs.
Il s’agit plutôt d’adapter la démarche pour préserver autant que possible vos habitudes alimentaires et maintenir une alimentation suffisamment variée et équilibrée pendant les différentes étapes du protocole.
Vous avez un syndrome de l’intestin irritable et ne savez plus quoi manger ?
Une première consultation permet de faire le point sur vos symptômes, votre transit, votre alimentation actuelle et les éventuelles restrictions que vous avez déjà mises en place.
Si un protocole pauvre en FODMAPs est pertinent dans votre situation, le suivi permet ensuite de vous accompagner à travers ses différentes étapes : mettre en place la phase de réduction, observer l’évolution des symptômes, organiser les réintroductions puis personnaliser progressivement votre alimentation.
L’objectif n’est pas de vous apprendre à éviter toujours plus d’aliments, mais de vous aider à mieux comprendre votre tolérance digestive et à retrouver une alimentation aussi variée et sereine que possible.


