Mici et alimentation : que manger avec une maladie de Crohn ou une Rch ?
Lorsqu’on vit avec une maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique (RCH), l’alimentation peut rapidement devenir une source de questions.
Les MICI regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH), ainsi que certaines formes plus difficiles à classer.
Que manger pendant une poussée ? Faut-il éviter les fibres ? Supprimer certains aliments ? Et lorsqu’on va mieux, peut-on recommencer à manger normalement ?
À force d’associer certains aliments aux douleurs, aux diarrhées ou aux ballonnements, il est également fréquent de commencer à en supprimer de plus en plus.
Pourtant, il n’existe pas une alimentation unique qui conviendrait à toutes les personnes ayant une MICI.
L’alimentation doit surtout s’adapter à la maladie, aux symptômes, à l’état nutritionnel et à la période que vous traversez.

MICI et alimentation : faut-il suivre un régime particulier ?
Il n’existe pas une liste universelle d’aliments autorisés et interdits pour toutes les personnes ayant une maladie de Crohn ou une RCH.
L’alimentation peut néanmoins avoir une place importante dans la prise en charge.
Elle permet notamment de veiller à ce que vos apports restent suffisants, d’adapter les repas lorsque certains symptômes rendent l’alimentation difficile et de limiter autant que possible les restrictions inutiles.
Les besoins peuvent aussi évoluer avec la maladie.
L’alimentation qui vous convient pendant une poussée n’est donc pas nécessairement celle qui vous conviendra en période de rémission.
En période de poussée, l’objectif est aussi de continuer à suffisamment manger
Douleurs abdominales, diarrhées, fatigue, diminution de l’appétit ou peur de déclencher davantage de symptômes peuvent considérablement modifier l’alimentation.
Il peut alors être nécessaire d’adapter temporairement certains aliments, leur texture, leur préparation ou la quantité et le type de fibres consommée afin d’améliorer la tolérance digestive.
Mais « adapter » ne signifie pas supprimer le plus d’aliments possible.
Pendant une poussée, les apports alimentaires peuvent déjà diminuer alors que l’organisme doit faire face à la maladie. La prévention ou la prise en charge de la dénutrition fait donc également partie des priorités.
Selon la situation, le travail peut porter sur la composition des repas, leur volume, leur fréquence, l’enrichissement de l’alimentation ou encore la recherche d’aliments mieux tolérés.
L’objectif est de trouver le meilleur compromis possible entre confort digestif et couverture des besoins nutritionnels.
Et lorsque la poussée est terminée ?
Lorsque les symptômes s’améliorent et que la maladie entre en rémission, l’objectif change progressivement.
Les aliments temporairement limités n’ont pas nécessairement vocation à rester exclus.
C’est au contraire une période où il est important de retrouver progressivement une alimentation suffisamment diversifiée, en tenant compte bien sûr de votre tolérance digestive.
Certaines personnes continuent pourtant à éviter de nombreux aliments plusieurs mois après une poussée, parfois par peur de voir les symptômes réapparaître.
Cette prudence est compréhensible. Mais lorsque les exclusions s’accumulent, elles peuvent aussi compliquer l’équilibre alimentaire et entretenir une appréhension importante autour des repas.
Réintroduire progressivement les aliments fait donc aussi partie du travail diététique.
Fer, vitamine B12, vitamine D… faut-il surveiller certains nutriments ?
Une MICI peut exposer à certaines difficultés nutritionnelles, mais celles-ci ne sont pas identiques chez tout le monde.
Elles dépendent notamment de la maladie, de sa localisation, de son activité, des éventuelles interventions chirurgicales, des traitements, de l’alimentation et des restrictions déjà mises en place.
Le fer mérite par exemple une attention particulière, notamment en cas de pertes sanguines. D’autres nutriments, comme la vitamine B12, la vitamine D ou le calcium, peuvent également nécessiter une vigilance selon la situation.
Cela ne signifie pas qu’il faut prendre plusieurs compléments alimentaires de sa propre initiative.
Lorsqu’une carence est suspectée ou doit être surveillée, le bilan biologique et la prise en charge médicale permettent de déterminer ce qui doit réellement être corrigé.
Le travail diététique vient en complément et dans la durée : maintenir des apports alimentaires adaptés, repérer les difficultés et éviter que des restrictions inutiles n’accentuent les déséquilibres.
Et si les symptômes digestifs persistent alors que la MICI est en rémission ?
C’est une situation qui mérite une attention particulière.
Des douleurs abdominales, des ballonnements ou des troubles du transit peuvent parfois persister alors que l’inflammation est contrôlée.
Cela ne signifie pas automatiquement que la maladie est de nouveau active.
Mais avant de modifier fortement son alimentation ou de commencer seule un régime d’exclusion, il est important d’en parler avec l’équipe médicale afin de distinguer ce qui relève de l’activité de la MICI de ce qui peut relever d’autres troubles digestifs.
Dans certaines situations, une approche alimentaire spécifique peut ensuite être envisagée pour travailler sur les symptômes.
Un protocole pauvre en FODMAPs, par exemple, peut parfois être discuté lorsque des symptômes de type syndrome de l’intestin irritable persistent en rémission. Il ne constitue cependant pas un traitement de l’inflammation liée à la maladie de Crohn ou à la RCH et ne doit pas conduire à multiplier durablement les restrictions.
Peut-on être végétarienne avec une maladie de Crohn ou une RCH ?
Une MICI ne signifie pas qu’il faut automatiquement abandonner une alimentation végétarienne ou végétalienne.
En revanche, l’association des deux situations peut demander davantage d’adaptation, notamment lorsque les symptômes conduisent déjà à limiter certains aliments.
Les légumes secs, les céréales complètes, les fruits, les légumes, les noix ou les graines peuvent par exemple être plus difficiles à consommer à certaines périodes. Or plusieurs de ces aliments occupent une place importante dans une alimentation végétarienne.
L’objectif n’est donc pas de choisir entre « manger végétarien » et « protéger son intestin ».
Il s’agit plutôt de chercher quelles sources de protéines et quels aliments restent adaptés et suffisamment bien tolérés, comment modifier éventuellement les textures ou les préparations et comment faire évoluer progressivement l’alimentation lorsque les symptômes s’améliorent.
Une attention particulière peut également être portée au fer, à la vitamine B12, au calcium, à la vitamine D ou encore aux apports protéiques selon votre alimentation et votre situation.
Le végétarisme peut donc être intégré à l’accompagnement plutôt que considéré d’emblée comme un problème supplémentaire.
Quand les restrictions alimentaires commencent à prendre trop de place
Après plusieurs poussées ou épisodes digestifs difficiles, il est compréhensible de devenir méfiante vis-à-vis de certains aliments.
Mais il arrive progressivement que la liste des aliments « qui ne passent pas » devienne de plus en plus longue.
On évite les crudités. Puis certains légumes cuits. Les légumes secs. Les produits laitiers. Le gluten. Les plats pris à l’extérieur…
Et parfois, manger devient surtout une manière d’essayer d’éviter le prochain symptôme.
Dans cette situation, l’objectif n’est pas de forcer la réintroduction de tous les aliments.
Il est d’abord nécessaire de comprendre quelles restrictions ont encore une raison d’être, lesquelles peuvent être progressivement assouplies et comment retrouver davantage de variété sans négliger les symptômes.
L’alimentation doit rester suffisamment sécurisante sur le plan digestif, mais également suffisamment variée et nourrissante.
Vous avez une maladie de Crohn ou une RCH et ne savez plus quoi manger ?
Une première consultation permet de faire le point sur votre maladie, la période dans laquelle vous vous trouvez, vos symptômes, votre alimentation actuelle et les aliments que vous avez éventuellement supprimés.
Le suivi permet ensuite d’adapter progressivement l’alimentation : maintenir des apports suffisants lorsque manger devient difficile, améliorer la tolérance digestive, travailler les éventuelles restrictions puis élargir l’alimentation lorsque la situation le permet.
Si vous êtes végétarienne ou végétalienne, cet aspect est intégré à l’accompagnement afin de préserver autant que possible votre choix alimentaire tout en tenant compte de votre MICI.
L’objectif n’est pas de vous donner un « régime Crohn » ou un « régime RCH », mais de construire une alimentation adaptée à votre situation, suffisamment variée et compatible avec votre quotidien.


